Jean-Pierre Gignac

 Fleming, Sir Sandford

Sir Sandford Fleming, ingénieur civil (Kirkcaldy, Écosse, 7 janvier 1827 d Halifax, 22 juillet 1915). Il fut le plus important arpenteur ferroviaire et ingénieur en construction du Canada au 19e siècle, ainsi qu’un inventeur et un scientifique distingué. Il arriva au Canada en 1845 et, après des études en sciences et en génie et un apprentissage professionnel en Écosse, il se joignit au personnel d’ingénierie de l’Ontario, Simcoe and Huron Railway, devenant ingénieur en chef de la future Northern Railway en 1857. En 1863, le gouvernement canadien le nomma arpenteur en chef de la première portion d’un projet de chemin de fer reliant Québec à Halifax et Saint-Jean. Construit par la suite sous le nom de chemin de fer Intercolonial, Fleming en était l’ingénieur en chef.

Fleming était un ardent défenseur d’un chemin de fer entièrement britannique reliant l’Atlantique aux côtes du Pacifique et, en 1863, il présenta aux autorités impériales de Londres, en Angleterre, une pétition des colons de la rivière Rouge, demandant la construction d’un chemin de fer qui relierait cette communauté aux colonies de l’ANB plus à l’est (voir Colonie de la rivière Rouge). Rien ne pouvait être fait immédiatement parce que la Terre de Rupert était alors gouvernée par la Compagnie de la Baie d’Hudson, mais en 1871, peu de temps après que le contrôle des territoires de l’Ouest fut passé de la Hudson’s Bay Company au gouvernement canadien nouvellement établi, Fleming fut nommé ingénieur du projet de nouveau chemin de fer canadien reliant Montréal à la côte du Pacifique. Il était responsable des grands relevés dans les Prairies et à travers les montagnes Rocheuses, rendant compte de nombreux itinéraires possibles pour le nouveau chemin de fer. Il recommanda la construction à travers les parcs des Prairies du Nord – appelés dans certains rapports d’exploration  » la ceinture fertile  » – et par le col Yellowhead à travers les Rocheuses et de là vers le sud jusqu’à l’inlet Burrard sur le Pacifique.

Le chemin de fer du Canadien Pacifique n’a pas été construit le long du tracé recommandé par Fleming, qui avait cependant également étudié d’autres itinéraires et a été consulté lors de la construction du chemin de fer par le col Kicking Horse, qui avait été découvert par le major A.B. Rogers. Les 2 chemins de fer transcontinentaux construits au cours des 2 premières décennies du 20e siècle suivaient la route par le col Yellowhead recommandé par Fleming, mais le Grand Trunk Pacific Railway a ensuite été construit jusqu’au port côtier du nord de la Colombie-Britannique à Prince Rupert, tandis que le chemin de fer canadien du Nord suivait la route à travers l’intérieur de la Colombie-Britannique recommandée par Fleming.

Fleming se retira du CFCP lorsque le gouvernement canadien confia le projet à un syndicat privé en 1880, mais il continua à faire des travaux de consultation sur le chemin de fer. Il s’est également intéressé tout au long de sa vie à de nombreux autres projets. Il est devenu un ardent défenseur d’un câble de télécommunications entre le Canada et l’Australie, qui, selon lui, deviendrait un lien de communication essentiel de l’Empire britannique. Le câble du Pacifique a été posé avec succès en 1902.

Fleming a également joué un rôle clé dans le développement d’un système mondial satisfaisant de conservation du temps. Le chemin de fer avait rendu obsolète l’ancien système où chaque grand centre réglait ses horloges en fonction des conditions astronomiques locales. Fleming préconisait l’adoption d’une heure normale ou moyenne et des variations horaires de celle-ci en fonction des fuseaux horaires établis. Il a joué un rôle déterminant dans la convocation d’une Conférence internationale sur le Premier Méridien à Washington en 1884 au cours de laquelle le système de l’heure standard internationale – toujours en usage aujourd’hui – a été adopté (voir Fuseaux horaires et Heure légale). Fleming a également conçu le premier timbre-poste canadien, le castor de trois pennies, émis en 1851. Il a été créé Commandeur de l’ordre de Saint-Michel et de Saint-Georges en 1877 et Chevalier Commandeur de cet ordre en 1897.

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